LA GALANTE.
- Oh ! Sire !
- Permettez-moi, je vous prie, d'accepter volontiers ce
baiser que vos lèvres ne serait accueillir.
- Sire, votre langue fourche vos plaisirs, et dites-moi
mon cher si votre cœur est de même ?
- Cela est, et votre teint florissant ferait une rose dans
mon somptueux jardin, et de grâce, laissez-moi corrompre votre corps !
- Gare ! Il se peut que quelqu'un n'entrasse…
- Si fait, si fait, en ce lieu, personne n'est.
- Vous n'êtes que trop sur de vous-même, et pardonnez mon
audace, mais mon cœur est ailleurs.
- Alors malheureux je vais être. Mes yeux ne cessent de
vous contempler, et mon cœur me dicte, envers vous, mon amour éternel. Je ne puis croire qu'il y a en vous un autre !
- Sire, ne me peinez pas, mon corps s'est ouvert sur celui
de la destinée et vous le connaissez, je pense, et de cela j'en suis aise, mais mon père veut que le destin en fasse autrement. Je ne puis croire en vous l'homme que j'attendais. L'amour que vous
me portez n'est point de celui que l'on doit parler !
- Pardon, gent dame, mon masque vous effraie t'il donc à
ce point ? Derrière celui-ci, trouverez-vous peut-être l'homme, et non l'enfant que vous avez connu auparavant. Les apparences n'en sont que trompeuses, je ne m'avoue ni bon ni mauvais, et je
vous sollicite de croire en mon amour.
- Vous m'apprenez de bien graves nouvelles. Je crois en
tout ce que vous me dites, et pourtant, celui dont je vous parle est fort courageux. Mes lèvres ne peuvent s'offrir à vous, je ne peux trahir celui que j'aime.
- Pensez-vous que je suis un couard ? Celui dont vous me
parlez, que vous croyez que je connaisse, n'est-il point homme à m'affronter ? Le fil de dieu tranchera le cœur de votre amant, mon amour pour vous, ne fera qu'accroître ma force. Il ne sera pas
dit que l'homme dont vous prétendez aimer n'usurpera ma destinée.
- Sire, ne m'en voulez guère, je ne voulais attiser votre
colère, et par ces temps, le duel est dangereux. Je ne veux guère que vous mouriez pour moi, vous êtes encore trop séduisant, assez jeune, pour puiser quelques autres conquêtes !
- Dame, il est vrai, que les dires vous ont faussé la
vérité à mon sujet. Mais quel est donc votre prétendu amant ? Je ne puis le pourfendre de mon épée si je ne connais point son nom !
- Sire, j'ai peine à vous le dire, car votre fils est ! Le
duel n'en serait que plus difficile ! J'en appelle à votre bonté et votre cœur
- Mais mon cœur est pour vous ma belle. Vous me parliez de
mon fils ? Qu'a t-il donc avoir dans cette histoire ?
- Vous m'avez mal comprise. Votre fils Logan j'aime ! Et
pardonnez-moi mon seigneur d'avoir séduit cette personne là !
- Logan mon fils ? HAHAHAHA ! Laissez-moi rire ! HAHAHA !
Je n'ai point de fils ! Cet individu est un comédien, je ne le cache pas, tout le monde le sait, comédien soit, mais non mon fils ! Ce prétendu comédien, que je hais, se fait passer pour mon
fils. Il y met tant d'ardeur le bougre que tout le monde en croit ainsi !
- Alors ? Ce n'est donc point votre fils ?
- Non ! Je me tue à vous le dire, jamais de ma vie de fils
j'ai eu, douze filles !
- Oh ! Je me sens mal (elle tombe dans les bras du sire),
mon cœur m'a trahi.
- "Scène rapide. Vite ! Vite des sels ! Mon dieu, des sels
vite ! (Il court, s'affole et trouve les sels.) Dame, voilà, remettez-vous, je vous prie ! Votre peau sent la rose en été; belle dans sa robe, ancrée dans mon cœur, vous êtes.
- Sire, je vois en vous maintenant le derrière du masque
que vous portiez, votre cœur s'ouvre à moi, et mes pétales s'épanouissent à votre vue, mes lèvres s'accorderont à vos plaisirs. (Tout bas.) J'aurai son argent et tout le royaume.
- Logan ! Sors de dessous la table, mon fils !
- Logan ? Oh ! Vous étiez donc là ? Mensonge tout n'était
donc que mensonge alors !
- Eh oui ma chère ! Vous voilà donc démasquée ! Et je vous
prie de quitter aussitôt mon royaume et de ne plus jamais vous revoir ici !
bon je devais avoir 16 ans quand j'ai écrit ça, alors....