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petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...

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le bar. (les entités. part.2)



La porte est restée ouverte,
Le vent froid s'y engouffre.
Café fantôme
Peuplé d'étranges personnages.
Je me suis assis,
Personne n'y a prêté attention.
Ils vont et viennent,
Une sale odeur emplit la pièce
Et l'heure qui ne passe pas.
L'attente interminable
L'espoir vainement utile.
Café fantôme
Où se côtoient le rien et le tout.
Spectres translucides,
Marins tatoués,
Putains languissantes,
Travelos fatigués,
Je m'arrête
Gelé par le froid.
Démission des muscles,
Le sang ralentit son cursus,
Et lentement,
Je me transforme…

Comme une sorte d'ectoplasme…
Un vivant en attente
Du dessèchement…
Un vivant en sursis
Flottant dans son corps…
squelette immobile
Qui n'attend que la délivrance…
Je m'endors tranquille.
Les yeux se ferment doucement,
La respiration, peu à peu, s'étiole.
Le bruit de la rue
Se confond étrangement
Au silence du café.
Seul le vent,
Ramène dans son sillage
Des boules rondes d'herbe séchée.
Elles roulent sur le sol
Se bousculent, se frottent, s'entrechoquent,
Et passent indifférentes
Entre ces corps décharnés.
L'équarrisseur a bien travaillé !
Une bourrasque vient de fermer la porte,
La chaleur étouffante
De la pollution de la ville
Reste maintenant au raz du plancher.
Vieilles planches de bois marquées,
Juste un brouillard stagnant.

Le rocking-chair vide
Se balance doucement
Sans un bruit
Dans le fond de la pièce.
Je veux revivre,
Bribes anciennes
Revenant d'un passé qui n'est plus.
Un strip-tease intégral.
Ma peau se détache peu à peu,
Les muscles, les nerfs, les tendons,
Apparaissent, peu à peu, aux yeux du monde.
Etrange phénomène.
Mais personne n'y prête attention.
Ils sont, eux aussi,
Passé par-là.
Ils connaissent aussi ce processus.
Ils ne s'inquiètent pas.
La transformation s'opère
Lentement…
Je perds la notion des choses.
Le temps, les sens, les pensées,
Chaos imperceptible…
Bientôt,
J'appartiendrai au tout et au rien,
Lien indéfectible et rare.

Personne ne sait
Personne ne veut comprendre,
Nous sommes une entité,
Commune, entière,
Une ville repliée sur elle-même.
Avalant dans ses anales
Toute l'essence de vie
Des passants.
Personne n'en revient vivant.
Il reste ainsi,
Une non matière
Dans cet unisson.
Perdu dans ses limbes,
Dans ce néant,
Une apparition qui revient
Tel un tempo immuable.

Je me sens bien maintenant.
Entièrement libre,
Fluide translucide.
Nous reviendrons bientôt
Dans quelques millénaires
Happer un autre passant.

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