petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
retour de l'île d'Oléron.... merci tout c'est bien passé....:) Et qui dit reour, dit autre texte.... bonne lecture...
LE PLAFOND...
Allongé sur le lit,
Immobile,
Il regardait ce plafond blanc immaculé.
Les phares des rares voitures qui passaient
Reflétaient d'étranges formes à ce plafond.
Ombres fantomatiques
Gigantisme de l'absurde.
Il n'était pourtant pas ivre,
Et ce n'était pas le petit ballon de rouge,
Bu très vite,
Comme son repas vite avalé,
Qui faisait tourner ce plafond.
Il entendit l'interrupteur de son voisin du dessus,
Lui signifiant qu'il allait se coucher.
Maintenant,
Tout l'immeuble dormait à poing fermé.
Il restait seul, éveillé.
Il cligna des yeux,
Leva sa main vers sa bouche
Et tira une énième bouffée de sa cigarette.
Telle une toupie,
Le plafond tournait sur lui-même,
Dans le sens des aiguilles d'une montre.
En son centre,
Un petit point noir venait d'apparaître.
Il décrivit des courbes
De plus ne plus grandes.
Il n'était, pourtant pas fou non plus !
Le plafond voulait-il l'hypnotiser ?
Il ne prit pas peur
Juste que cela l'intriguait.
Il attendit tranquillement
La suite des événements.
Evénements qui ne tardèrent pas à arriver.
Ses pupilles se dilatèrent,
Sa peau frissonna,
Sa respiration devint plus rapide,
Comme saccadée.
Maintenant,
Il commença à avoir peur.
Il voulut partir, s'enfuir,
Mais trop tard !
Paralysé par cette peur,
Ce plafond qui, maintenant,
Descendait vers lui.
Son corps se souleva dans les airs,
La spirale l'aspirait.
Plus il s'approchait du centre
Plus il rapetissait.
Devenu aussi petit qu'une simple poussière,
Il ferma les yeux,
Et,
Ne pouvant faire autre chose
Traversa cette spirale infernale.
Catapulté comme un vulgaire boulet,
Il traversa des galaxies.
Plus rapide que la vitesse de la lumière,
Son corps explosa en mille petites particules.
Au bout de quelques minutes,
La vitesse diminua.
Son corps,
Petit à petit,
Se reconstitua.
Il sentit à nouveau ses muscles, ses membres,
Et put, enfin, respirer.
Il atterrit sur un sol dur,
Gris et poussiéreux.
Des bruits assourdissants lui martelaient la tête.
A chaque son,
Son corps, contre sa volonté,
Se soulevait tout seul.
Coincé dans un minuscule espace,
Il se cognait partout.
A chaque silence,
Il essayait tant bien que mal,
De se mouvoir entre les interstices qu'il trouvait.
Prisonnier d'un labyrinthe
A l'étrange architecture,
Il n'arrivait pas à reconnaître
Le matériau qui l'entourait.
Perdu,
Dans le noir,
Il avançait à tâtons.
Sa main se posa sur une chose molle et difforme.
Il sentit une morsure
Et retira prestement sa main endolorie.
Mais la chose s'accrocha à sa chair
Sans vouloir la lâcher.
Les pinces de cet animal
S'enfoncèrent un peu plus dans sa chair.
Peu à peu,
Ses yeux s'habituèrent à ce noir,
Il s'habitua à tous ces bruits incongrus,
Et s'habitua, aussi et enfin, à se mouvoir
Avec agilité.
Tout était question d'habitude pensa t'il.
Puis il découvrit avec effroi
Les choses qui l'entouraient.
Des gros yeux l'observaient de partout,
Des obstacles blancs en forme de croissant de lune
Barraient fréquemment son chemin,
De longues lianes fines s'enroulaient autour de ses jambes
Et de ses bras.
Il commença à réfléchir.
Il avait déjà vu ses bestioles,
Ces sortes de rognures blanches ou jaunes,
Ces longues lianes blondes.
Oui !
Il avait déjà vu ça quelque part !
Enfin,
Il comprit !
Des acariens !
Des ongles !
Des cheveux !
Il venait de traverser son plafond
Et avait atterri
Dans le plancher de son voisin du dessus !
Il chercha vainement à comprendre,
Et,
Petit à petit,
Se résigna.
Pour survivre,
Puis machinalement,
Commença à rogner
Tout ce qui se trouva sous sa main.