petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
L'étranger s'avança.
Il ne reconnaissait pas ce lieu
Qui l'avait vu, pourtant, naître.
Depuis quelques temps
Sa mémoire lui jouait des tours.
Mais là !
Là, c'était vraiment fort !
Rien,
Rien, il ne reconnaissait plus rien.
Cette partie de la ville ne pouvait pas avoir changé
En si peu de temps !
Même s'il était parti depuis dix ans,
Il devait encore y rester quelques traces,
Même infime, de son passé !
Tout s'était transformé,
Les magasins s'étaient semble t'il déplacés.
Un grand immeuble occupait la place de sa maison.
Dans le jardin qu'il aimait
Où il avait tant joué étant gosse,
Ce n'était plus qu'un dépotoir sale
Où traînaient canettes, clochards
Et toutes autres espèces anarchiquement mêlées.
Au carrefour si dangereux,
Où se souvenait-il,
Une voiture l'avait renversé
Et lui avait brisé les os de la jambes
Et procuré un traumatisme crânien
S'érigeait maintenant,
En son centre une gigantesque statue
Avec, en belles lettres dorées sur son socle :
"Pour la droiture et l'ordre
Pour la paix et la liberté
Pour une sécurité sans failles
Avec vous, unis à jamais
Nolécule s'occupe de tout."
Alors qu'il ne devait avoir que cinq ou six ans,
La médecine s'était grandement améliorée.
Sa boite crânienne
Fut remplacée par un métal inoxydable
Qui ne faisait aucun rejet.
Ce métal avait la particularité
De pouvoir croître avec le corps humain.
Un métal croisé avec des fragments de cristaux ramenés d'une planète
Que l'on venait à peine de découvrir.
Après utilisation intensive des cristaux par l'armée,
Le gouvernement, alors en place,
Décida d'élargir ses recherches vers la médecine.
Mais,
Depuis quelques années,
La science découvrit autre chose de plus élaboré,
Et les cristaux furent abandonnés.
Une simple partie d'une molécule
Importée le la planète Alpha de la ceinture du centaure,
Pouvait, une fois convertie,
Reproduire n'importe quelle parie du corps humain.
Sang, os, moelle, organes.
Un seul laboratoire manipulait cette molécule,
Et,
Pour éviter un surdosage,
Toute la population,
Et TouTes espèces civilisées, pauvres ou riches,
Avait du subir dans leur cerveau
Une implantation d'une puce électronique.
Puce qui fournissait n'importe que les renseignements sur l'individu.
Age, lieu de naissance, sexualité, métier, envies,
Passions, lubies, pensées malsaines, rêves etc…
Le monde était devenu,
D'une conformité totalitaire
A cause d'une firme
Qui,
Marchait, main dans la main,
Avec le gouvernement.
Et out le monde semblait pourtant heureux.
Or,
Il existait un homme
Qui ne comprenait plus rien.
Cet étranger,
Avait échappé à cette puce.
Les cristaux qui entouraient son cerveau
L'avait rejeté et détruite.
La firme, qui se frottait les mains
N'avait vraiment pas prévu
La catastrophe.
Au bout de quelques années
Un dysfonctionnement s'était opéré.
La puce électromagnétique
Avait multiplié le taux de croissance de la molécule.
Arrivée à son stade adulte,
La molécule se reproduisait.
Et d'une vie unicellulaire
Elle passait par une vie polynucléole.
Elle devint, au fil des ans,
Un être capable d'interagir sur son environnement.
C'est ainsi qu'elle prit possession
De tous les êtres peuplant la planète.
Quand la firme comprit ce qu'il se passa,
Il était déjà trop tard.
Le parasite
Avait maintenant contrôle sur tout.
Tous,
Sauf un,
Cet unique étranger.
Le pire était, peut-être,
Le fait que personne ne le reconnaissait !
Mais était-ce là le vrai danger ?
Etait-ce cela vraiment le pire ?
Ou tout simplement,
L'aberration de ce parasite
Qui contrôlait tout le monde ?
Partout,
Des larges panneaux publicitaires
Vantaient les incroyables pouvoirs
De cette nouvelle molécule :
La Nucléole.
Certes,
La ville s'était transformée,
Mais le pire
N'était-il pas que pue personne
Ne le reconnaissait ?
Il ne lui fut pas difficile de comprendre
Que cette molécule dirigeait tout
Et qu'il était maintenant le seul
A gérer toute sa vie.
La planète qui vivait
Dorénavant en ostracisme,
Sa xénophobie croissante,
Son dépostisme exacerbé,
Semblait pourtant convenir à tout le monde.
Ces gens ne comprenaient pas,
Croyant vivre leur vie,
Imaginant avoir une liberté.
Alors,
Que pouvait faire cet étranger,
Seul,
Face à toute cette lamentable troupeau de moutons ?