petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
An 8024.
Tout va bien !
La terre tourne encore,
Le soleil se lève et se couche tous les jours.
Certes,
Quelques espèces d'animaux ont disparu
Mais elles étaient déjà
En voix d'extinction à l'époque !
Le monde politique,
L'armée, les dissidents,
Les anti tout, les toujours pour,
Sont encore toujours présents.
D'autres mondes ont été découvert,
On peut maintenant voyager de monde en monde,
Et tout va bien.
La terre baigne depuis des années
Dans une paix
Et un sérénissime bonheur
A toute épreuve !
L'armée n'est là que pour dissuader
D'éventuels visiteurs malveillants !
Le monde peut désormais,
Goûter à la joie de vivre
Dans une quiétude infinie !
Quelque part,
Au fin fond d'une province de la Chine
Monsieur Xian regarde sa femme
Ramasser le riz.
Une douce mélopée chinoise
A envahit la maison.
Emerveillé par tant de beauté,
Sourire aux lèvres,
Il regarde sa femme.
Derrière lui,
Son fils de quinze ans
Regarde aussi cette scène idyllique.
Il cache seulement dans son dos,
Le sabre de son arrière trisaïeul.
Il le tient serré,
Fermement dans ses mains maladroites d'adolescent.
Quand le père entendit
Le cri de son fils,
Il était déjà trop tard.
La lame effilée et acérée
Traversa le cœur de l'homme.
Un jet de sang gicla sur la fenêtre
Et l'homme s'écroula par terre.
La terre tourne toujours autour du soleil
Et tout va bien.
Au même moment
A des centaines et des centaines de kilomètres
Quelque part dans une ville perdue du Kansas,
Une femme,
Cigarette aux lèvres.
Est assise dans la cuisine.
En face d'elle
une marmite répand l'odeur d'un ragoût de mouton.
Elle écoute,
tout en lisant son journal,
Une chanson folk gaie et entraînante.
Tout va bien.
Elle vit depuis cinquante ans un mariage heureux.
Son mari est doux, prévoyant et calme.
Ils sont heureux.
Leurs deux enfants sont partis travaillés à la grande ville.
La maison est calme.
Le vent fait frissonner les épis de maïs.
L'épouvantail,
Planté au milieu du champ,
Tourne au gré du vent.
Son mari sourit,
Il est, lui aussi, heureux
Il tient dans sa main une la hache.
Il poussa un cri,
Quand il abattit à plusieurs reprises,
La hache sur la tête de sa femme.
Autour de la terre
Tournent plusieurs satellites,
Et tout va bien.
A quelques heures de ce drame,
Dans un petit village de Corrèze.
Au cinquième étage d'une petite tour
Vivent monsieur et madame Dupont.
Leur fils dort dans le berceau.
Le concerto en ut majeur de Bach
Passe dans le salon.
La douce musique se répand dans la pièce.
Le chat,
Roulé en boule,
Ronronne doucement en dormant.
Son mari regarde,
Comme tous les gens du monde entier,
Les informations diffusées sur l'un des murs.
Le soleil caresse de ses rayons,
Les fleurs printanières.
Il entend les rires des enfants
Qui jouent à l'extérieur.
Il fera encore beau et chaud,
Tout va bien.
Mon sieur Dupont est content.
Il a une épouse fidèle et heureuse,
Et leur bébé est adorable.
Sa femme a remit le doudou de son fils en place,
Elle passe nonchalamment sa main
Sur le berceau,
Et elle se dirige tout sourire
Vers son mari assis dans le fauteuil.
Quand il tourna la tête
Pour regarder sa chère et tendre épouse,
Il ne comprit pas pourquoi sa femme,
Couteau de cuisine dans la main
Criait tout en lui lacérant le corps.
Quelque part dans le ciel,
Autour d'Ishaya
Des satellites tournaient.
Et tout va bien.
Et partout dans le monde,
Au même moment
Un crime affreux se commettait.
Dans ce monde
Ou le bonheur régnait depuis des années,
Quelque chose s'est détraqué !
Etait-ce ce trop plein de bonheur
Qui transformaient soudainement des gens paisibles
En psychopathes dégénérés ?
ou tout simplement
Ce foutu satellite Ishaya
Construit par les humains ?
Qui aurait coûté des milliards
Et qui permettait de contrôler
Tous sentiments de colére
Chez les humains ?
Ishaya,
Pour un monde merveilleux, idyllique
Calme et joyeux !
« Comme le disait la publicité »…
(Ishaya : déesse de la paix!)