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petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...

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le retard...

Le train est passé
et encore raté.
Il pesta sur le quai.
Encore une fois
il allait être en retard.
Tous les matins
ressemblaient à ce matin.
Un jour,
et il le savait,
cela finirait mal.
Cela se terminerait
par un renvoi.
Mais il ne pouvait faire autrement.
Ses rêves l'entraînaient
toujours plus loin
toujours plus profond.
Et il se réveillait
fatigué et trempé de sueurs.
Sueurs froides.
Chacune de ses nuits
le rêve reprenait
là où il s'était arrêté la veille.
Il avait maintenant
peur du moment fatidique.
Il ne voulait plus dormir,
mais,
inexorablement,
le sommeil le prenait.
Ses paupières, doucement,
tombaient sur ses yeux fatigués
et son esprit commençait à galoper.
A force de veiller
de plus en plus tard,
la fatigue entamait
son long processus déstabilisant.

Maintenant,
et sans le vouloir,
les pauses au travail
devenaient un enfer
son rêve le rattrapait.
Et il s'écroulait
maintenant n'importe où.

Au début,
cela l'a fait rire,
et même,
il était impatient
de connaître la suite.
Or,
depuis ce jour incroyable,
la suite l'effrayait.
Qu'allait-il devenir ?
Un changement s'opérait
doucement.
En prenant sa douche,
il avait remarqué,
sans vraiment y porter
une grande importance,
que ses mollets étaient
moins poilus.
Ses chevilles s'étaient affinées,
sa taille amenuie
pour laisser place à de belles hanches,
plus larges, plus volumineuses.
La musculation portait
doucement ses fruits.
Le travail à la salle de gym,
sans doute.

De fil en aiguille,
son corps se transformait.
A chaque réveil,
il se sentait différent
sans trop savoir pourquoi ni comment.
Il ne voulait pas de ce changement,
il lui avait fallu
tant de temps
pour s'accepter
comme il était !
Mais depuis ce rêve
tout changeait !
Ce matin là,
alors qu'il attendait
le train suivant,
il s'assit.
Son retard n'était pas dû
cette fois à son réveil,
mais de la peur panique
de voir son corps
complètement glabre.
Seuls ses cheveux,
devenus longs,
n'avaient pas disparu.

Il posa son attaché-case
entre ses jambes,
S'appuya contre le dossier
du siége,
Mit ses mains dans les poches
de son blouson,
croisa les jambes,
et doucement pencha sa tête
sur sa poitrine.
Le froid opéra
sa douce léthargie.
Il s'endormit.
Le train suivant arriva.
Il ne se réveilla pas,
un autre passa,
puis un autre,
et encore un autre.
Et personne n'osa le réveiller.
Sa petite serviette
avait disparu,
on avait du lui voler.
Tous ses papiers,
ceux du travail,
mais aussi,
ceux d'identités.
Toute sa vie, en somme !

Il dormit toute la journée,
et rêva.

Le soleil descendait lentement
sur la ville.
Les gens rentraient de leur travail.
Personne ne lui prêta
la moindre attention.
Un express passa,
et klaxonna.
Trop fort, peut-être,
trop longtemps, peut-être.
Ce bruit le réveilla.
Il s'étira,
bailla,
et se frotta les yeux.
En se rendant compte de l'heure,
il se demanda
comment il avait fait pour dormir
aussi longtemps ?
Pourquoi personne ne l'avait réveillé ?
Et qu'avait-il fait de son attaché-case ?
Il se sentait bizarre,
étranger à lui-même.
Il tourna la tête,
le plexiglas lui renvoya son reflet.
Il ne se reconnu pas.
D'homme
il était devenu femme.
Il avait cessé de rêver,
tout était devenu réalité.
Il ne comprit jamais pourquoi,
et personne ne comprit non plus,
même pas les psychiatres.


(Extrait de cellule n°050.).

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P
Surprenant
Répondre
J
alors làààààà<br /> franchement je ne m'attendais pas à cette chute !!!<br /> toi, tu peux dire que tu me surprendra toujours <br /> j'imagine une ambiance des dessins presque la suite d'une histoire et me voilà deconcerté<br /> Mais ça doit sans doute faire du bien de se faire secouer par une fin inattendue...
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