petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Claude marchait dans les bois.
Il ne savait pas vraiment où il allait
Mais il marchait.
Derrière lui,
Une petite lumière bleue le suivait.
Il savait bien que quelqu’un ou quelque chose le suivait
Mais à chaque fois qu’il se retournait
Il ne voyait personne.
Cette petite lumière était facétieuse !
Elle n’en faisait qu’à sa tête !
Et ne voulait vraiment pas
Que Claude sache qu’elle le suivait.
Sans toujours savoir où aller,
Sans connaître la raison de cette marche,
Sans comprendre ses agissements,
Ses faits et ses gestes,
Il marchait.
Ses jambes fonctionnaient toutes seules,
Comme indépendantes.
Il s’était fait une raison,
Mais qu’arriverait-il
Si le terrain devenait dangereux ?
Si, par hasard, il devait franchir un gouffre ?
S’il fallait courir ?
Quelque part, il avait un peu peur !
Mais que pouvait-il faire maintenant ?
Alors il marchait !
Depuis combien de temps
Sa fuite avait-elle commencé ?
Depuis combien de temps
Avait-il perdu la raison ?
Qu’est ce qu’il le poussait à marcher ainsi ?
Que, qui, fuyait-il ?
Etait-ce vraiment une fuite ?
Pouvait-il considérer ceci comme une fuite ?
Il voulait repenser où tout cela avait débuté,
Mais il ne pouvait.
Comme un amnésique,
Sa mémoire faisait défaut !
Un rayon de soleil traversa de plein fouet la lumière.
Le spectacle fut grandiose !
Indescriptible, grandiose, mirabolitissime !
Une féerie des sens !
Une magnificence qu’aucune personne ne pouvait décemment imaginer.
Une miniaturisation parfaite d’un corps humain,
De petites étincelles multicolores parcouraient ce corps,
Un amalgame de couleurs,
D’éclats fragmentés en fines particules,
De poussières incandescentes
Se promenaient à travers toute cette extraordinaire anti-matière.
Elle voletait dans les airs
En laissant derrière elle
Un petit et long panache d’escarbilles et de volutes mirifiques.
Deux grandes ailes ressortaient du dos de cette « créature ».
Nervurées par des milliards de fils étincelants,
Vibraient dans l’air.
Ainsi elle pouvait voler,
Ainsi elle pouvait le suivre.
Mais, espiègle, elle ne voulait pas
Qu’il le sache.
C’était un jeu,
Un tout nouveau jeu
Aux règles inconnues et mystérieuses.
Elle seule en détenait les clefs.
Et la coquine s’amusait comme une folle.
Lui,
Déambulait plus qu’il ne marchait.
Tournant à droite,
Virant à gauche après quelques mètres,
Courant, s’arrêtant tout de suite,
Zigzaguant à travers d’imaginaires périls,
Tourbillonnant sur lui-même
Etirant ses bras de chaque côté,
Riant ou pleurant parfois,
Il perdait tout sens pragmatique
De la situation.
Il ne comprenait rien
Et ne cherchait même plus à comprendre,
Ses membres agissaient à sa place,
Son cerveau ne commandait plus,
Sa tête, son cou, ses épaules, ses bras
Son bassin, ses jambes, ses pieds,
Fonctionnaient tout seuls.
De mouvements désordonnés en mouvements contradictoires
Son corps ne tint plus
Et Claude tomba sur son séant.
Ses poings tapèrent le sol,
De la bave sortit de sa bouche,
Ses pieds déchirèrent l’air,
Et enfin, il cria.
La lumière qui s’amusait de tout cela,
Prit peur.
Elle, qui avait connue la joie, le rire,
La liberté et l’émancipation
Devait maintenant se rendre l’évidence !
Son maître devenait fou !
Alors, bon gré mal gré,
Elle rentra.
Claude à cet instant sourit,
Il se leva, regarda autour de lui,
Sa conscience était enfin revenue !