petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Une maison abandonnée et comme fantomatique
S’érigeait.
Froide et imposante.
Il foula son seuil.
Le plancher craqua.
Assoiffé il se précipita vers le lavabo,
Tourna le robinet
Et quelques gouttes d’eau saumâtre
Tombèrent.
Aucunes décorations sur les murs,
Aucuns meubles aussi,
A part cette table en bois pourri renversée sur le sol,
Et cette chaise, toute aussi pourrie.
Il monta alors à l’étage,
Au bout du couloir sombre,
Une porte.
Elle grinça sinistrement
Quand il l’a poussa.
La trace d’un vieux tapis au sol
Rongé par les bêtes, et le mucus
Semblait lui dire de s’en aller.
Pourtant, il resta.
Un rayon de soleil entra dans la pièce
Et éclaboussa son visage.
Le seul ornement de cette pièce
Etait ce miroir accroché au mur.
Il paraissait neuf,
Et épargné par l’usure du temps.
Il regarda sa tête dans cette glace
Et caressa de sa main son reflet.
Image froide et insipide.
Ses doigts descendirent vers sa bouche,
Sa lèvre inférieure se retroussa au toucher,
Montrant ses dents blanches et pointues.
Le miroir se troubla,
Sa surface plane se transformait doucement.
Et sa main traversa son reflet trouble.
Comme aspiré,
L’homme franchit la glace.
Il pénétra alors dans son envers.
Le revers retors d’un monde inconnu
Une jumélïté parfaite non sanguine.
Paradis enchanteur et féerique
Qui s’offrait à lui.
Un monde blanc et sans formes,
Un monde neuf et vierge.
Il pensait et cela se créait sous ses yeux.
La blancheur de ce décor disparaissait peu à peu
Pour laisser place aux couleurs imaginées, rêvées.
Monde idyllique et extraordinaire.
Mais au bout de quelques jours,
Il se sentit seul, perdu, abandonné
Alors,
Il imagina un compagnon idéal,
L’homme de sa vie.
Maintenant,
Ils étaient deux !
Deux à penser, à créer.
Même s’il était son idéal,
L’autre ne pouvait s’empêcher de réfléchir
Et d’avoir des pensées divergentes.
Et de deux, ils passèrent à trois,
Et de trois a sept,
Et ainsi de suite…
Ce monde si vaste, soit-il,
Commença à se remplir
Et à s’essouffler par tout ce monde ambiant.
Et,
Doucement mais sûrement,
Cet endroit agonisa.
L’Homme est ainsi,
Il colonise, se multiplie,
Epuise les réserves naturelles
Et se détruit lui-même !
Sciant la branche sur laquelle il est assis !
Paradoxal dans sa survie.