petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
bin oui, j'ai rien publié la semaine dernière, mais bon, pas eu le temps de.... Donc, un texte un peu plus long que d'habitude, en,fin presque un peu plus long !!!! :-)
Ce matin là,
Luigi Brotinelli ne se lava pas.
Il avait sur le ventre un petit point rouge,
Une sorte de bouton.
Bien qu'il soit à l'hôpital, Luigi pouvait se balader.
Mais ce matin il ne se sentait pas bien.
Une migraine l'avait assaillie à son réveil,
Et ce petit point sur le ventre le travaillait.
De fil en aiguille,
Il se sentait las, fatigué de sa fatigue précédente.
Le petit point avait grandi,
Il formait maintenant un bel arrondi proéminent.
Les médecins le changèrent de chambre,
Et il se retrouva seul dans une cellule blanche.
Un jour sur deux, un infirmier,
Venait lui rendre visite.
Il ouvrait la fenêtre,
Prodiguait les soins habituels,
Et s'en allait.
Comme l'hôpital était placé à côté d'une école,
Les cris des enfants,
Jouant dans la cour de récréation
Parvenait jusque dans la chambre de Luigi.
Parfois,
Luigi entendait quelques bribes de phrases :
- Rends-moi mon ballon Guiseppe, sinon…
- donne la corde, c'est à mon tour…
Ainsi,
Un jour sur deux,
Luigi se plaisait à écouter ces enfants se chamailler.
Seule distraction de ces mornes journées.
Tous les deux jours,
Il entendait la même voix,
Et il s'imaginait le visage de celui qui répétait
Toujours cette même phrase, ces mêmes mots :
"Rends-moi mon ballon, Guiseppe, sinon…"
Mais il n'avait jamais le temps de finir sa phrase,
La cloche de l'école retentissait
Toujours au même moment.
La disproportion de cet enflement
Inquiétait les médecins,
Ils ne comprenaient vraiment pas
Le pourquoi du comment.
Et c'est d'ailleurs pour cela,
Qu'ils avaient volontairement caché ce patient
Aux yeux des autres.
Par mesure de précautions,
Pour écarter toutes possibilités d'infections,
On lui apportait son repas,
On l'examinait,
Avec beaucoup de précautions.
Les infirmiers portaient une combinaison,
Des gants,
Des masques.
Peut-être était-il contagieux ?
Et Luigi ne voyait plus rien d'humain
Sous cette blancheur immaculée.
Pour ne pas tomber dans les affres de l'inquiétude croissante,
Luigi ne vivait plus que pour cette voix plaintive.
Il voulait et se suppliait
Pour entendre cette phrase et ces pleurs de cet enfant
Il ne prenait pas un malin plaisir
A écouter le malheur de l'enfant,
Mais,
Depuis que les infirmiers ne lui parlaient plus,
C'était là, sa seule relation avec l'extérieur.
Pour qu'il puisse enfin dormir,
on lui prescrivit un somnifère.
Au matin,
Luigi se réveilla.
Ses mains descendirent le long de son corps,
Il s'aperçut que son ventre avait gonflé,
Tellement gonflé
Qu'il ne sentait plus aucunes sensations !
Il ne voulait pas encore ouvrir ses yeux
Et apercevoir toute l'horreur.
Dans la nuit,
Ses jambes, son sexe,
S'étaient repliés sur eux-mêmes.
Son ventre les avait englobés,
Comme phagocytés.
Maintenant sous les draps
Se trouvait une boule.
Alors il ouvrit les yeux
Et cria.
Un infirmier accouru
Alarma les docteurs,
Et tout le monde resta sans voix.
On le laissa en lui injectant
Une dose de tranquillisant.
Encore une fois,
Il s'endormit.
Il demanda juste avant de s'endormir,
Qu'on lui ouvre la fenêtre
Pour pouvoir encore entendre,
Peut-être une dernière fois,
La voix de cet enfant.
Pendant son sommeil,
La boule ne grossit pas,
Mais aspira le reste du corps de Luigi.
Le vent entra dans la pièce,
Il fit tomber cette boule par terre.
En rebondissant sur ce sol lisse,
Elle passa par la fenêtre
Et tomba dans les bras d'un enfant.
Jamais plus on entendit
Dans la cour de l'école
Cette phrase malheureuse
"Rends-moi mon ballon Guiseppe sinon…"
Cependant,
Le lendemain matin,
On ne revit pas non plus cet enfant.
Il avait sur son petit ventre
Un tout petit point rouge…