petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
COMPLAINTE D’UN EXIL.
De la solitude
Enfoncée dans ce noir
Je m'enfuis dans l'habitude
Où tout se laisse choir
Seul dans mon clocher
Des battants de bronze et d'argent
Résonnent au fond de mon crâne,
Petite cervelle irriguée de sang,
Le bastion des derniers mânes.
Que le ciel m'emporte
Et que de la sorte
Reste sur la terre
Les meurtrissures de la guerre.
Car rien ne sert de brailler
Les cris des corbeaux, des merles et des pies
Cadavres pendus et perdus aux branches des châtaigniers
Glaciale bise raflant leur vie
Je reste là, impuissant,
A les regarder et rire bêtement
Comme un damné et comme un fou.
Et toi, main dans la main
Ou autour du cou
Te prendrais bien dans mon destin
Mais voué au ciel
Comme une bigote, comme une vieille.
Alors je reste inconnu
Tours d'ivoires de sentiments
Rappel de tout ce pus
Cervelle de moineaux ou d'enfants
Innocence ou tout chu
Je fuis, et de vivre cet exil
Loin de moi, je te veux
Fuir au loin de ces villes
Et refaire tous mes vœux.
Pardonne-moi
Car sous mon toit
Ne restera plus rien
Plus rien qu'un immense trou
Sans plus d'attaches, sans liens,
Comme un vieux loup
Je pars et sans toi
Pardonne-moi.