petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Perdu dans un jardin,
Les buissons dépassants de mon corps
Je m'égare.
Des socles de statues sont plantées là, semble t'il,
En profondeur dans la terre.
Mais ils sont vides,
Sans statues,
Des socles en pierre de formes géométriques.
C'est un piège.
On voit des ombres,
On sent des présences,
Mais il n'y à jamais rien,
Rien que du vide.
Un bout de néant.
Ensuite,
A quelques mètres
Un garçon.
Ternes couleurs,
Blanc, gris,
Ombre parmi les ombres
De pierre il est fait.
La masse est superbement taillée,
Les moindres détails apparaissent
Jusqu'aux cils découpés.
Le sculpteur a atteint le paroxysme de la perfection.
Je m'arrête un instant pour contempler.
Mais de suite
Le labyrinthe m'appelle à lui.
Néanmoins, j'y laisse un point de repère,
Un signe de passage.
Buissons épineux,
Je tourne et retourne
Du moins j'avance
Ou je recule peut-être,
Je ne sais pas.
Peut-être même que je tourne en rond.
Je repense au garçon de pierre.
Et la création a fait sortir de mon conscient
Des pas à la même prononciation que les miens.
La peur s'est éprise de moi.
Qui me suit ?
Tant pis, je ne me retourne pas.
Je continue dans l'espoir que l'on ne me rejoindra jamais.
Illusions, dois-je me dire,
Tout n'est qu'illusions !
Tout n’est qu'illusions,
Je me dis
Si je ne veux pas sombrer dans les affres de la folie.
Cela fait une heure, deux heures peut-être
Ou même plusieurs jours que je marche.
Je sais que les pas me suivent toujours,
Mais je ne les entends plus.
Ils sont devenus habitude,
Le temps fait bien les choses, paraît-il !
J'aurai tant voulu voir mon image.
Mais le jardin cache des glaces
Et celles-ci ne semblent pas sur mon chemin.
Je regarde le ciel,
Le bleu du ciel,
La menace peut venir d'en haut aussi.
Il ne faut douter de rien
Long parcours qui ne mène nulle part.
Chemin de l'errance,
D'un moment de vie.
Si un jour l'être aimé vient
Alors peut-être trouverais-je
Le passage.
Sinon,
Sinon je finirais comme ce garçon,
Vu tout à l'heure,
Et je descendrai de mon socle
Suivre quelqu'un d'autre,
Qui aura contemplé, à son tour, ma statue.
Et qui entrera dans ce labyrinthe,
Qui entendra à son tour des pas,
Ces pas qui sont venus me prendre et me transformer.