petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Julien se promenait dans un champ de roses
Auxquelles il n'y avait pas d'épines.
Un champ de roses, rouges, blanches
Et quelques part,
Peut-être au milieu,
Sur les côtés,
Juste à l'orée,
Un peu à droite ou à gauche
Une rose noire.
Julien rêvait
Rêvait d'être une reine
Et sa main effleurait les pétales vierges des fleurs.
Il Cueillit tendrement une fleur
La sentie
Et la lança dans le vent
Pour qu'elle se promène aussi.
Dans le ciel
Des chevaux ailés d'une élégance insoumise
Volaient en bandes désordonnées.
Julien rêvait tout seul dans le champ.
Il serait elle pour un jour
Pour ce jour seulement.
Et il sautait de joie
Et son rire se répercutait au loin.
Il gambadait,
Faisant bouger les couleurs qui se mélangeaient
Et le vent caressait doucement tous ses pétales.
L'impression d'un ballet.
Il ne savait d'où
Mais des chants d'oiseaux parvenaient à ses oreilles.
C'était beau, unique
Quand il fut devant la rose,
La rose noire.
Il cria.
Un cri lugubre ressortit de sa bouche maintenant difforme
Et ses mains se collèrent contre ses oreilles
Il se roulait par terre
Ecrasant sauvagement toutes les autres roses.
Les roses rouges devenaient flammes
Il n'y eut plus d'images
Plus qu’un noir gigantesque
Le champ se transformait en terre stérile.
Plus de rose, plus rien,
Une terre craquelée et fissurée.
Au loin, un donjon gris se découpait dans le rouge du ciel.
Et Julien vit
La reine en robe blanche
Qui,
Les mains posées sur la rampe en pierre du balcon,
Le regardait en souriant.
Il voyait parfaitement,
Les traits fins du visage de la féminine engeance
Julien rêvait-il ?
La reine, d’un geste de sa main
Lui fit signe de s'approcher.
Et, en à peine une seconde,
Il se trouva sous le balcon du donjon
Regardant la beauté étrange de la grâce.
Les longs bras de la femme
S'agitaient en l'air.
Et les chevaux ailés retombèrent
Le soleil rouge feu disparu
Et la terre aussi.
Il se trouva dans le vide
Le donjon en face de lui.
Cette femme semblait détenir la force.
Elle était toujours souriante.
Alors, qu'il gravissait des marches invisibles
Pour la rejoindre,
La femme, d'un coup de doigt,
Le projeta dans le vide.
Il tomba
Tête en bas,
Tête en haut,
Il tombait en tournant.
Julien rêvait,
Rêvait d'être, en ce jour, une reine.
Mais que pouvait-il faire en face de ce roi
Maintenant vêtu de blanc ?
Mais maintenant,
Il ne rêve plus.
Il a peur de la nuit.
Et des cauchemars le hantent.
Il a peur de continuer le rêve,
De faire face à sa nature.