petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Une personne a peur d'être seule
Et pourtant
Elle est seule.
Elle ne peut pas
Ne peut plus
Ne veut plus de la tristesse !
Que le désespoir l'emporte au loin
De tous ces regards
Rigides comme l'acier,
Gras comme le lard.
Fades,
Tout est fade
Le piment de la solitude
N'existe plus
Rien qu'une habitude
Une habitude esseulée
Qui traine encore
Par delà les remparts
Du château
Et de ces donjons
Immenses prisons de mort
Où il est enfermé !
Il n'a que pour seule compagnie
Des yeux ronds et rouges qui le regardent
Obstinément,
Et qui se demandent
Quand va t'il donc crever ?
Et la maladie l'oppresse doucement
Ses cheveux et ses dents sont tombés
Les uns et les unes après les autres
Par ce mal qui le ronge.
La nourriture lui provient dans une auge
Et il entend, par la seule oreille qu'il lui reste
Le grincement des chaussures sur les dalles glaciales.
Dégueuli ou défection
Il ne sait plus très bien
La nourriture qu'il avale n'a plus de goûts
Vomissure de déchets,
Décrépitude de l'être humain
Salissure de l'esprit
Affaissement du corps
La terre est un immense gouffre
De merdes.
Le rat mord déjà dans la chair meurtrie
Des petites plaies violettes parcourent ce corps infect
Et les mouches tournent autour.
Minuscules petits vautours
Qui feront disparaitre sa chair
Petit a petit !
Il n'y a plus raison de vivre
Quand autour de soi
Tout s'arrête de vivre.
Le sourd n'a guère besoin d'entendre
Quand il sent la douleur
Quand son esprit crée l'image
D'une rotule qui grince sur un tibia
Le sourd n'a guère besoin d'oreille
Quand la douleur est là !
Car ses pieds sont en putréfaction
La maladie gagne un peu plus chaque jour
Elle le ronge lentement
Comme un bébé trop gros
Qui n'arrive pas à sortir du ventre de sa mère !
La pourriture d'un être
La mort d'un enfant
Les gardes fous qui entourent le lit du malade
L’empêchent de tomber.
Son bras lui fait mal
Les perfusions plantées dans sa chair
Le font atrocement souffrir
Il se croit seul dans son coma.
Et son donjon de la mort
Est impénétrable.
Il va mourir
Et il n'entend pas sa mère pleurer.