petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Je sais que cette histoire ne va pas plaire à tout le monde, et je m'en excuse. Mais, malheureusement, la réalité est aussi celle-ci ! Il est évident que je suis contre cette forme de violence, mais bon… Lisez, vous verrez bien après, hihi !
Cherchant de son trou
la provenance du fumet d'un morceau de gruyère
amorcé à une tapette,
un rat s'excite.
Il sort de son trou.
Il s'avance, s'aventure,
flaire, s'arrête, recule,
en regardant partout
Inquiet il avance quand même,
trop gourmand.
Il court le long des plinthes,
s'arrête, relève sa tête
jette un coup d'œil à droite
A gauche,
et recommence son petit cirque.
Il Trottine, s'arrête, renifle,
hume l'arôme de la gourmandise convoitée.
Doux frisson de l'aventure.
Personne !
Aucun bruits dans la maison,
excepté le tip-tap de ses petites griffes
sur le carrelage de la cuisine.
Le morceau de gruyère est là,
à quelques centimètres de son petit corps.
Sa queue s'enroule, se déroule,
claque contre le sol.
Survolté, il tourne autour,
avance son museau,
sent,
et se régale d'avance.
Ses yeux brillent,
excité, tout son corps frétille.
L'énorme morceau de fromage,
cette pâte molle aux senteurs délicates,
embaume toute la pièce.
Son corps se trémousse,
il avance sa petite tête,
ses yeux le dévorent déjà,
ses narines se dilatent,
et ses longues moustaches noires
se profilent d'excitation.
Une de ses pattes s'élève,
se pose délicatement sur le socle.
Puis deux, enfin.
Et sa gueule s'ouvre.
Sans voir le danger
il happe goulûment le morceau.
Alors,
le ressort se détend.
La tige de métal s'abat impitoyablement.
La tête et le derrière du rat se relèvent,
mais le milieu de son corps
reste plaqué contre le sol.
Il ne comprend pas pourquoi
il ne peut plus bouger.
Il ne comprend pas pourquoi
les humais sont aussi méchants.
Ses petits cris emplissent la pièce,
tandis que la tige n'en finit plus
de compresser sa colonne vertébrale.
Un filet de sang dégouline de sa bouche.
Et lui,
pauvre rat
ne comprend qu'une chose
c'est qu'il va mourir
avec, juste, un petit morceau de gruyère
dans sa gueule.