petites histoires en tout genre traitées sous forme de poèmes...
Au milieu de ce désert blanc
formé par de minuscules graviers,
pas vraiment réellement du sable
juste un agglomérat de petits cailloux,
se trouve une petite cabane.
L'homme qui y habite
s'est retiré du monde.
Une expérience comme une autre.
Cela fait maintenant
cinq longues années
qu'il vit seul.
Ses plus proches voisins
sont à des jours de marche,
et ses seules compagnies
étaient la faune et la flore qui l'entouraient sporadiquement !
Pourtant,
un soir à 17h48 précise
il entendit
un doux ronronnement familier
d'un train à vapeur.
Eloigné de toutes civilisations
il se demanda
comment pouvait-il bien entendre
le ronflement de cette machine à vapeur ?
Comment pouvait-il sentir
l'agréable odeur
du charbon et du bois brûlés ?
Comment cela pouvait-il être possible ?
Sidéré,
il se leva de son lit,
regarda par la fenêtre
mais ne vit rien.
Alors,
il ouvrit la porte
et sortit.
Il regarda au loin
là où la vue pouvait aller
mais ne vit toujours rien.
Aucunes traces sur le sol,
aucuns sillons,
aucuns rails
ne pouvaient trahir la présence d'un train.
Devenait-il fou ?
Est-ce que ces cinq longues années de solitude
dans ce désert l’avaient rendu schizophrène ?
Etait-il maintenant capable
d'imaginer les choses
au point de les rendre réelles ?
Non ! Bien sûr que non !
Il n'était qu'un humain comme tant d'autres.
Il ne possédait aucuns supers pouvoirs,
seul son désir de fuir toutes civilisations
l'avait amener à vivre ainsi.
Evidement,
quelques fois, il parlait tout seul,
s'adressant aux nuages,
au soleil, aux rares animaux peuplants ce désert,
aux cactus qui lui fournissait une eau quotidienne,
mais,
était-ce pour cela qu'il était dément ?
Bien sûr que non !
Il avait comme tout un chacun
ses lubies !
Maintenant,
comme tous les soirs,
il entendait ce train fantôme.
Il s'imagina et décréta
par jeu,
que ce train
s'appellerait "l'express de 17h48" !
L'express car il ne s'était jamais arrêté
et 17h48, comme ça,
sans vraiment de raisons particulières !
Pendant des jours,
il entendit ce bruit.
Devenu comme familier
il n'y prêtait plus vraiment attention,
mais toujours
il savait qu'à 17h48
son express passerait.
Il se leva ce matin,
il ne savait pourquoi
mais quelque chose avait changé.
Pourtant la journée passa,
pareille à toutes les autres.
Le soleil se coucha plus tôt,
et à 17h30, déjà,
le noir et le froid de la nuit
s’installèrent.
Il s'allongea sur son lit
et attendit.
17h46, rien
17h47, toujours rien,
pas même le léger tremblement,
ce tremblement qu'il connaissait bien,
quand son express passait.
17h48, le silence !
17h49, un coyote hurla à la mort.
17h50, il décida de se lever.
Il ouvrit la porte,
sortit,
fit quelques pas,
et regarda avec horreur
le premier train électrique
lui foncer dessus !